Category: Livres,Folio,Auteurs de A à Z
Les cavaliers (Folio t. 1373) Details
Kessel a situé en Afghanistan une des aventures les plus belles et les plus féroces qu'il nous ait contées. Les personnages atteignent une dimension épique : Ouroz et sa longue marche au bout de l'enfer... Le grand Toursène fidèle à sa légende de tchopendoz toujours victorieux... Mokkhi, le bon sais, au destin inversé par la haine et la découverte de la femme... Zéré qui dans l'humiliation efface les souillures d'une misère qui date de l'origine des temps... Et puis l'inoubliable Guardi Guedj, le conteur centenaire à qui son peuple a donné le plus beau des noms : 'Aïeul de tout le monde'... Enfin, Jehol 'le Cheval Fou', dont la présence tutélaire et 'humaine' plane sur cette chanson de geste... Ils sont de chair les héros des Cavaliers, avec leurs sentiments abrupts et du mythe les anime et nourrit le roman.

Reviews
Afghanistan, début du XXème siècle, quand les camions commencent à remplacer les caravanes de chameaux, mais les façons de vivre semblent n??avoir pas bougé depuis l??époque des Timourides : respect des aînés, de l??homme, du rang et du cheval.Parmi les coutumes héritées des mongols, le Bouzkachi, jeu mêlant l??adresse et la force, où une cinquantaine de cavaliers d??élite (les tchopendoz) s??affrontent pour s??emparer du cadavre d??une chèvre, lui faire faire le tour d??un terrain qui peut être sans limite, et être celui qui dépose la carcasse au centre du cercle de jeu.Récit de l??orgueil comme moteur et aveuglement pour deux maîtres tchopendoz, un père et son fils, à la fois éloignés et rapprochés par la fierté qui les consume, orgueil qui va amener le fils à entreprendre un effroyable voyage à travers les montagnes afghanes pour laver son honneur.Récit aussi d??un monde presque disparu et difficile à imaginer maintenant derrière les guerres civiles afghanes, dont le vieux Guardi Guedj, « l??aïeul de tout le monde », est l??un des derniers témoins vivants :« Un singulier frisson effleura la peau de Guardi Guedj aux creux de mille rides. Quand il s??était appliqué à retrouver la berceuse, il avait seulement voulu la transmettre au mieux de ses moyens. A présent qu??elle revenait à lui, juste, fraîche, neuve et naïve, il lui semblait que, ayant lancé en l??air au hasard une poignée de cailloux, il les entendait tout à coup rouler dans les gouffres du temps. Et leur chute faisait lever aux entrailles du puits mystérieux les bruits et les souffles que son onde noire avait recueilli depuis toujours et à jamais. »
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